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Développer sa visibilité de praticien sans se disperser ni s’épuiser

interview d'une praticienne pour apprendre à optimiser sa visibilité en ligne et attirer des clients

Le - Visibilité

8 min

Dans un monde où la communication semble incontournable, comment les praticiens peuvent-ils construire une visibilité alignée avec leurs valeurs ? Christelle Ravit-Vergès est sophrologue, conférencière et auteure, spécialisée dans les troubles du sommeil, les acouphènes et le burn-out : elle nous explique ce qu’une présence en ligne et hors ligne bien pensée lui apporte en termes de visibilité. Dans cet entretien, elle partage également la stratégie qu’elle recommande pour maintenir une présence en ligne sans s’épuiser.

Ce qu’il faut retenir :

  • La visibilité se construit par strates, de manière progressive, en fonction de son rythme et de son public sible
  • Mieux valent 2 à 3 canaux de communication bien investis qu’une présence dispersée sur tous les réseaux
  • C’est la cohérence entre ce que l’on montre et qui l’on est qui crée la confiance
  • La visibilité ne doit jamais se faire au détriment de la qualité de présence dans la relation entre le praticien et le client

En tant que sophrologue, auteure et conférencière, quelle place votre visibilité a-t-elle prise dans le développement de votre activité, et comment l’avez-vous construite ?

La visibilité a joué un rôle dès le départ, mais je ne suis pas partie tout de suite sur les chapeaux de roues. J’ai le sentiment de l’avoir plutôt construite au fil du temps et de l’activité, et d’avoir ajouté une strate chaque année. 

En sophrologie, on dit qu’on avance étape par étape, sans brusquer les choses. C’est exactement ce que j’ai fait. Au départ, j’ai privilégié la construction de ma pratique et le bouche-à-oreille avec mes clients au cabinet, en assurant simplement une première présence avec une fiche d’établissement Google et les pages jaunes. Progressivement, sont arrivées les interventions en entreprise, les conférences, puis l’écriture de livres. La présence en ligne est venue soutenir cette base, voire l’élargir.

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Finalement, je vois la visibilité comme une vitrine : lorsqu’on est devant un magasin, on voit la vitrine et on choisit d’entrer ou non. Mais au-delà de cette fonction, ce que j’ai observé, c’est que les deux sphères, en ligne et hors ligne, se nourrissent mutuellement. La visibilité digitale crée une première reconnaissance, elle facilite la décision de prendre un rendez-vous. Inversement, chaque conférence ou chaque formation génère des contacts qui se prolongent en ligne et amplifient la portée du message.

Qu’est-ce que cette visibilité vous a concrètement apporté ?

En premier lieu, des clients. Elle a constitué une carte de visite qui est venue souligner mon expertise et rassurer ceux qui allaient franchir la porte de mon cabinet. Aujourd’hui, on a tous ce réflexe de se renseigner. Moi-même, lorsque je prends rendez-vous avec quelqu’un, je veux savoir où je vais. 

Une légitimité professionnelle, ensuite. En construisant ces strates évoquées précédemment et en étant présente sur différents supports, sans m’éparpiller, j’ai pu mettre en avant une spécialisation claire dans les acouphènes, les troubles du sommeil et le burn-out, ce qui m’a permis d’écrire des ouvrages, auxquels ont participé des médecins.

Des opportunités professionnelles, enfin. Mes interventions en entreprise ont créé un effet boule de neige. Les réseaux, comme LinkedIn, où je ne diffuse que du contenu professionnel, m’ont également apporté de la visibilité : aujourd’hui je reçois de plus en plus de clients qui m’ont entendue dans une émission de radio ou qui ont vu que j’avais sorti un livre.

Aujourd’hui, les possibilités de communication sont nombreuses. Comment avez-vous choisi les canaux sur lesquels être présente ? Selon vous, y a-t-il des supports plus adaptés que d’autres pour les pratiques complémentaires ?

Mon critère numéro un est le même depuis le début. À quel public est-ce que je souhaite m’adresser ? Il faut regarder les tranches d’âge qui peuvent s’intéresser à notre pratique, leurs habitudes, leurs besoins. 

Concrètement, j’ai commencé par Google et les Pages Jaunes pour qu’on puisse me trouver, puis Facebook et LinkedIn pour une première présence sur les réseaux sociaux. Ensuite, je me suis mise sur Instagram pour toucher une autre clientèle et parler des bienfaits de la sophrologie autrement.

De mon point de vue, il ne faut pas se disperser. Quel intérêt ai-je à aller sur X ou sur TikTok si le public que je souhaite toucher n’y est pas ? Il y a effectivement une multitude de possibilités aujourd’hui, mais il faut résister à la tentation d’être partout.

Quant à savoir si certains réseaux s’imposent plus que d’autres pour les pratiques complémentaires, je dirais que non. C’est une question de public, pas de réseau. La bonne question reste : à qui je veux parler, et où se trouve cette personne ?

La visibilité a aussi ses bémols : surexposition, pression, injonction à être partout… Avez-vous rencontré des difficultés ou des moments de saturation ? Quelles leçons en avez-vous tirées ?

Oui, il y a des moments où je me suis sentie prise dans une injonction à toujours faire plus, mais je n’ai pas vu cela comme une difficulté, plutôt comme un choix à faire. 

Je n’ai pas le temps d’être tous les jours sur les réseaux sociaux. Cela créerait chez moi une fatigue mentale et une perte de sens. J’ai donc posé des limites : accepter de ne pas être partout, ne pas suivre toutes les tendances, et me rappeler pourquoi je communique et pour qui.

La leçon principale ? La visibilité ne doit jamais se faire au détriment de la qualité de présence dans la relation thérapeutique. Il faut rester cohérent avec soi-même pour que la personne qui vient dans votre cabinet ne se sente pas trahie.

Quelle stratégie recommandez-vous pour être visible tout en respectant son énergie, son rythme, sa posture et son éthique de praticien ?

Je recommande toujours une stratégie simple et alignée, qui repose sur deux principes clés.

Le premier principe : peu de canaux, mais des canaux sur lesquels on est engagé. Choisir deux ou trois supports sur lesquels on est pleinement présent, mais sans obligation de diffuser tous les jours. On peut communiquer une fois par semaine, une fois par mois, ou simplement quand on a quelque chose à dire.

Concrètement, je dirais qu’il faut, en plus d’un agenda en ligne, LinkedIn (car c’est le réseau social professionnel par excellence), et un ou deux réseaux supplémentaires choisis selon votre public (Instagram, les podcasts, YouTube, X…). Ne pas se disperser sur les canaux évite l’épuisement et permet de construire une communauté authentique.

Deuxième principe : parler vrai. Il est important de partager des choses concrètes : une intervention en entreprise, une conférence, la sortie d’un article. Personnellement, je ne vois pas l’intérêt de poster le dernier avis qu’on a reçu sur Google ou d’évoquer les personnes que l’on reçoit en cabinet. Mais c’est un choix personnel, chacun est libre de communiquer à sa manière.

Selon vous, en quoi la cohérence entre ce que l’on fait, ce que l’on dit et la façon dont on communique est-elle déterminante ?

Je pense que la visibilité la plus juste est celle qui prolonge la posture du praticien, pas celle qui la contredit. La cohérence est fondamentale, rassurante. Les personnes perçoivent vite les dissonances.

Si ce que je communique ne reflète pas qui je suis, je vais avoir du mal à instaurer la confiance avec mes clients. Pour reprendre ma métaphore : si j’ai quelque chose dans la vitrine et que dans la boutique j’ai autre chose, ça n’est pas une visibilité saine et durable. 

C’est primordial d’être cohérent et humble, surtout dans une époque qui nous éloigne parfois de ces valeurs. Cette cohérence passe aussi par des choix personnels. J’ai toujours affiché ma profession d’abord, et moi ensuite, à travers cette profession. J’ai choisi de ne rien afficher de ma vie privée et de ne parler que du professionnel. Chacun trace sa ligne, mais elle doit être effectivement claire et assumée.