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De la RSE à la naturopathie : comment Raphaële Sebban a réinventé son engagement sans perdre en cohérence ?

interview raphaele sebban naturopathe réflexologue et herboriste

Le - Développement d'activité

8 min

Comment passe-t-on du pilotage de la RSE dans une grande entreprise à la naturopathie dans la chaleur intimiste d’un cabinet ? Pour Raphaële Sebban, le chemin ne s’est pas tracé en une nuit. Il a fallu les alertes du corps qui l’ont stoppée, un road trip de 10 mois en van, et trois ans d’herboristerie, avant de s’installer comme naturopathe. Aujourd’hui, elle jongle entre les consultations, les interventions en entreprises, et les cours de tennis qu’elle dispense. Finalement, elle a réinventé son engagement sans renier ce qui l’animait au départ.

Ce qu’il faut retenir :

  • Du point de rupture au réalignement : lorsque son corps lui a envoyé des signaux faibles, Raphaële Sebban s’est accordée un temps de pause pour se réaligner. 
  • L’authenticité comme socle : elle bâtit sa clientèle sur la durée, avec une communication honnête et sans chercher la perfection marketing.
  • Sécuriser l’activité par la diversification : compléter les séances en cabinet par des interventions en entreprises et une activité de professeure de tennis lui permet d’assurer sa stabilité financière.
  • Le combat pour la reconnaissance et l’intégration : faire connaître sa pratique et prôner la médecine intégrative est essentiel pour elle, ce qui lui permet de parler plus facilement de prévention pour les clients.

Douze ans en entreprise, la quête de sens, et le corps qui impose une pause

Région parisienne, grande entreprise de transport, pendant 12 ans Raphaële Sebban a adoré mettre à profit son expertise dans le développement durable et la RSE« J’ai été successivement responsable du développement durable puis responsable RSE. J’ai occupé ces postes avec passion, engagement, et avec de belles réalisations à la clé, jusqu’au jour où j’ai compris que j’avais besoin d’une plus grande incarnation de mes valeurs dans mon travail et où mon corps, lui-même, m’a fait me recentrer sur moi. Des acouphènes sont apparus et sur le moment, je ne savais pas quoi faire.

J’ai évidemment remué ciel et terre. C’est à ce moment-là que j’ai exploré la médecine intégrative : hypnothérapie, aromathérapie, EMDR, TCC… Ça a été le début de mon chemin introspectif. Et puis j’ai voulu aller plus loin et m’accorder du temps pour apprendre à me connaître… Alors j’ai décidé de partir : 10 mois au Canada et aux États-Unis, avec mon conjoint. 25 000 km en van !« 

Le voyage de la reconnexion

“Vivre en van, c’est être pleinement connecté aux saisons, à la météo, aux animaux et donc à soi”, explique Raphaële. “Ça m’a permis de me poser de vraies questions : de quoi ai-je vraiment besoin ? Qu’est-ce qui me permet de me ressourcer ? Et surtout de trouver des éléments de réponses : les sons, les odeurs, la tranquillité, la nature, le néant. Tout cela m’a nourrie pendant le voyage et c’est avec ça que je suis rentrée”

À son retour, elle reprend son travail, mais s’inscrit en parallèle à l’École Lyonnaise de Plantes Médicinales, où elle suit une formation en herboristerie : “Trois ans de formation. Des années intenses !” Sa formation terminée, elle anime des ateliers en tant qu’herbaliste dans des tiers-lieux, des centres de yoga : « J’adorais ça, mais je me suis vite rendu compte que ça allait être compliqué d’en vivre.”

La naturopathie va alors s’imposer : “C’est une discipline que je connaissais, bien sûr, mais j’avais sûrement besoin d’y arriver progressivement. C’est petit à petit, à force de réflexion et d’introspection, que c’est devenu mon nouvel objectif. J’ai quitté mon emploi pour me former à plein temps, au CENATHO cette fois, et je me suis installée.”

interview raphaele sebban naturopathe réflexologue et herboriste 1

S’installer, seule puis en cabinet, et communiquer

La première année, Raphaële la consacre à développer sa clientèle de particuliers. Elle trouve un cabinet partagé près de Neuville-sur-Saône, où elle réalise désormais une partie de ses accompagnements de naturopathe (et aussi d’herbaliste).

Outre le bouche-à-oreille, le levier principal pour trouver ses clients, c’est sa newsletter. À chaque salon où elle va, elle collecte des e-mails : « Ça marche très bien. Il m’est même arrivé d’avoir des clients qui viennent en me disant : ‘ça fait trois ans que je vois vos newsletters passer. Me voilà !’ Il y a une vraie fidélisation à travers les newsletters, et au-delà des actualités que je partage sur ma pratique, les lecteurs attendent des nouvelles de mon projet entrepreneurial.”

Comme la plupart des praticiens et praticiennes aujourd’hui, elle est aussi sur Instagram : “Je ne cherche pas à gagner régulièrement des abonnés sur Instagram. Pour autant, j’y suis de manière authentique. Mon objectif est d’apporter du contenu simple sur ma vie d’entrepreneur, de maman et plus largement du contenu lifestyle. Je ne donne pas de leçons. Je partage mes expériences à qui veut les écouter.”

Diversification et équilibre financier

La 2ème année d’activité de Raphaële est celle du lancement de son offre pour les entreprises. Elle propose des conférences, des webinaires, des animations lors des évènements professionnels :  « Le cabinet m’apporte une sécurité. L’activité en entreprises, en plein développement, me permet d’optimiser certains mois. Elle nécessite d’être stabilisée dans le temps, mais les deux types de services sont très complémentaires.” Pour développer cette clientèle, pas de secrets selon elle : il faut prospecter et être présente sur LinkedIn. 

Enfin, parce qu’une stabilité financière se construit aussi dans la diversification d’activités, Raphaële a choisi d’aller là où sa passion d’enfance l’a conduite : les cours de tennis. En plus de son activité de naturopathe, elle se forme pour devenir éducatrice de tennis et vise le diplôme CQP ET. Pendant près de 10 heures par semaine, elle transmet son énergie aux jeunes et aux adultes : “Ça me permet d’élargir mon public, d’être en mouvement et de m’oxygéner.

Finalement cela rejoint les conseils naturopathiques !” Comment trouve-t-elle le temps de tout concilier ? “Eh bien, cela ne fonctionne pas à tous les coups, reconnaît-elle. Mais je fais attention malgré tout à ma sérénité, qui passe aussi par la méditation, la marche, le vélo, une micro sieste ou une balade en forêt avec mes enfants.”

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Le combat pour la reconnaissance

Si elle a trouvé sa place en tant que naturopathe, Raphaële fait encore face au défi des premières années, pas toujours synonymes de stabilité financière pour les praticiens et praticiennes : “Sur les accompagnements individuels, le temps passé sur un dossier client ne reflète pas encore assez bien ce que l’on facture.

La préparation d’un dossier, les recherches associées et la rédaction des conseils personnalisés ne sont actuellement pas facturés. Il y a quelque chose à trouver de ce côté qui passe, je pense, par de la pédagogie à faire par la profession. Par ailleurs, si ces disciplines étaient davantage reconnues et prises en charge, cela aiderait à stabiliser nos activités, qui s’inscrivent dans un temps long, qualitatif et personnalisé.” 

Parce qu’elle croit profondément qu’un parcours de santé intégrative  avec une collaboration entre plusieurs praticiens pourra accompagner au mieux une personne sur son chemin, Raphaële choisit de créer des ponts avec les praticiens de son entourage géographique.

Ainsi, elle oriente quand c’est nécessaire vers d’autres pratiques complémentaires, accompagnement psychologique, sage-femme, ostéopathie, hypnose, kinésiologie ou kiné. Par la prévention, l’écoute et l’accompagnement personnalisé, elle participe à une vision plus globale de sa pratique où l’individu reste la priorité.

Son souhait : voir se développer une médecine intégrative, où chaque approche trouve sa juste place au service du vivant. Faire connaître ces métiers, c’est aussi permettre de dépasser les peurs et faire évoluer le regard de la société vers une plus grande collaboration.

Finalement, le parcours de Raphaële n’est pas une reconversion, mais une continuité. Ce qui s’exprimait hier à l’échelle d’une organisation se déploie aujourd’hui à l’échelle de l’individu. Elle accompagne ses clients dans leur développement physique et mental, personnel et donc professionnel. C’est une autre manière d’agir, mais l’engagement reste le même : contribuer à un monde plus responsable, plus conscient, plus vivant.